Même les meilleurs arrivent à se surpasser.
La première idée qui vient à notre MBC national est que cette joyeuse bande a été infiltrée par des agents doubles « visant à faire passer les Québécois pour des racistes ».
Wow.
« Mais imaginons que le tout soit réel ».
Imaginons, en effet. Juste au cas...
« On célèbre les Noirs, les Asiatiques, les Arabes, avec des galas, des cérémonies, et ainsi de suite ».
Quelqu'un a récemment constaté une surenchère de galas pour les Noirs, les Asiatiques et les Arabes au Québec? Si le Gala Dynastie vous fait sentir mal, c'est peut-être vous le problème.
MBC plaint ensuite les « hommes blancs », qui n'ont pas « la bonne couleur de peau, non plus que le bon sexe ».
On est rendu loin. Bock-Côté réussit presque à lire « Je me souviens d'un Québec masculin » sur la banderole. C'était le bon temps, j'imagine.
La meilleure s'en vient :
« On voit la suite : la gauche multiculturaliste cherchera à instrumentaliser la banderole de Shawinigan pour diaboliser tout débat sur l'immigration massive et ses conséquences sur nos sociétés. »
Évidemment. Comme si nos politiciens se retenaient de parler d' « immigration massive », et comme si deux partis au Québec n'en avaient pas fait le cœur de leur discours politique, dont le gouvernement actuel et possiblement le prochain. Mais passons.
Et la grande finale :
« La manœuvre est visible. Elle relève de l'intimidation médiatique et de la terreur morale. »
Je répète : des suprémacistes liés à un groupe d'extrême droite connu, dont certains des membres louangent ouvertement Hitler, se promènent avec un slogan raciste (et historiquement faux), et le gars se plaint de façon préventive d'une hypothétique « intimidation médiatique » et « terreur morale » de l'autre gang.
C'est hallucinant, surtout quand on sait de quel côté vient généralement la violence quand elle arrive.
Tous ceux qui traitent et présentent Bock-Côté comme un individu sérieux et crédible devraient relire cette chronique deux ou trois fois, et se poser des questions sur le genre de paranoïa qu'ils alimentent dans l'espace public.