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Essais nucléaires français en Algérie : une nouvelle avancée législative
J’ai reçu ce message de Jean-Marie Collin, directeur de ICAN France, organisation prix Nobel de la Paix 2017.
« La proposition de loi portée par Mme Mereana Reid Arbelot et M. Didier Le Gac, adoptée par l’Assemblée nationale, visant à « reconnaître les victimes de l’exposition aux explosions nucléaires françaises et à améliorer leur indemnisation ».
Ce texte a été adopté à l’unanimité en première lecture à l’Assemblée nationale le 29 janvier, quasiment jour pour jour trente ans après la fin de la dernière explosion nucléaire française en Polynésie (27 janvier 1996).
Pour l’ICAN, « il s’agit d’une avancée importante et positive, permettant de faire de la loi Morin (2010) – enfin – un dispositif qui indemnise réellement et qui reconnaît toutes les victimes des 210 explosions nucléaires réalisées par la France entre 1960 et 1996 ».
« Dans une quinzaine de jours, sera commémoré le 66ᵉ anniversaire de la première explosion nucléaire française, réalisée le 13 février 1960 dans le Sahara algérien.
Cette proposition de loi inclut un article (n°6) prévoyant que : ‘’Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport faisant l’état des lieux des connaissances sur la politique des explosions nucléaires françaises en Algérie et dressant une bibliographie des principales sources historiques et scientifiques sur le sujet, ainsi qu’une cartographie des fonds d’archives connus’’.
Le texte va désormais être examiné au Sénat. Si cet article spécifique était conservé, il permettrait une avancée significative sur la question des 17 explosions nucléaires réalisées par la France dans le sud du Sahara.
Or ce sujet demeure largement absent des priorités de la diplomatie française, à l’image de l’absence de réponse au courrier adressé le 13 septembre 2024 par Marcos A. Orellana, Rapporteur spécial des Nations unies sur les incidences sur les droits de l’homme de la gestion et de l’élimination écologiquement rationnelles des produits et déchets dangereux.
Si la France a commencé, depuis deux à trois ans, à faire preuve de transparence sur la période des explosions nucléaires en Polynésie, ce n’est toujours pas le cas concernant l’Algérie : de nombreux documents demeurent placés sous le sceau du secret-défense. Cette différence de traitement se retrouve également dans les résultats très limités de la loi Morin, avec seulement deux victimes algériennes reconnues à ce jour.
Au-delà de la complexité des relations entre Alger et Paris, on observe une différence de traitement frappante entre un territoire national – la Polynésie française – et le territoire algérien, aujourd’hui indépendant. Sur la question des retombées radioactives, par exemple, les zones officiellement reconnues restent très restrictives en Algérie, alors qu’en Polynésie elles ont été élargies en 2014, jusqu’à atteindre une superficie équivalente à celle de l’Europe, après une période comparable de sous-estimation ».
Jean-Marie Collin a documenté, dans l’étude coécrite « Sous le sable, la radioactivité ! », la problématique des déchets laissés par la France entre 1960 et 1967. La France demeure silencieuse sur ce sujet, notamment sur la localisation précise des sites et sur les quantités enfouies.
Il a également contribué au rapport « Is it Safe », publié ce 22 janvier 2026 par l’ONG Norwegian People’s Aid, en participant au chapitre consacré à l’Algérie. Ce rapport apporte notamment de nouvelles données sur l’état actuel de la pollution dans certaines zones du désert.
