Dans cette semaine marquée par la varicelle et la solitude, j'ai pris quelques notes :
Mon vernis est écaillé, c’est laid. Comme tout, ça raconte une histoire. Dommage qu’elle ne soit pas intéressante.
La femme à côté de moi a rendez vous au parloir. On oublie que ces gens existent.
Parfois, il m'arrive d’avoir peur qu'un drame arrive, alors je ne vois que des signes prophétiques des malheurs pouvant m’arriver. Je ferme les yeux et quand je les rouvre, je décide de ne voir que la beauté.
Je ne retrouve plus ma figurine de Durgā. Disparue avec les milliers de choses envolées au cours de mes déménagements successifs.
J’adore être la mère de ma fille, et ça personne ne s’en doute.
La varicelle et la conjonctivite rendent la plus jolie des enfants plutôt repoussante pour qui ne connaît pas sa beauté habituelle.
J'ai fait un bain avec des fleurs pour Saucisse, un bain de fée. "J’ai fait pipi dedans maintenant c'est un vrai bain de sorcière !" “T’es une maman sorcière, ça te va ?” Si elle savait...
Ma vie est cadrée et maintenant j'ai envie de tout chambouler.
"La pizza aussi a la varicelle !"
Je crois que je ne sais pas reconnaître les espaces, les regards, les silences de séduction. Je réalise toujours tard, je ne sais pas si c'est trop tard.
Mes matins sont doux : j’aime dès que j'ouvre les yeux et je souris dès que je m’assieds dans mon lit.
Dans un élan de narcissisme absolu, j'ai écrit mon autoportrait.
Mes douleurs ont pris un peu plus de place, je sais qu’elles ne m’envahiront pas mais elles se transforment en lierre accroché à mon bras.
Je suis fatiguée. Je m’ennuie. Je ne sais plus vraiment me divertir.
L'homme en face de moi a un sourire blanc, des lèvres parfaites, une coupe de cheveux gracieuse et mouvementée même au repos, un teint hâlé et des muscles bien dessinés. Sur le papier, il est très réussi, face à moi, il est lisse.
"Maman pour mes rougeurs, je mets de la crème de vengeance ?"
Deux heures et demie au téléphone je ne supporte plus ma voix qui ricoche sur les murs. De toutes façons, je n’ai jamais aimé ma voix, parfois je la travaille car c'est un outil imparfait.
J'enquête sur Platone. "Platone enterre avec une pelle les vieux qu’elle met KO mais je ne sais pas qui c'est, moi je te dis juste"
Ma grand-mère et moi allons fêter nos 115 ans.
Je prends beaucoup trop soin de mes lombrics pour quelqu'un que ça terrifiait il y a peu.
Les fous rires quotidiens de Saucisse m’avaient manqué.
Je n'aime pas le travail parler travail penser travail
Je chéris le repos et l’odeur de ma lessive (Place des Vosges c'est son nom).