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Hier, des jeunes Marocains se revendiquant de la Gen Z avaient prévu de manifester pour défendre des revendications vitales et justes : une éducation de qualité, des hôpitaux accessibles, un emploi digne. En réponse, les autorités ont décidé des interdictions administratives, le “nassage” par les forces de l’ordre et des arrestations par dizaines. Le scénario s’est répété dans toutes les grandes villes. Traités comme des fauteurs de trouble, les manifestants ont reçu un message de fermeté.

L’histoire récente du Maroc montre pourtant les limites d’une approche strictement sécuritaire. Le risque est d’aggraver plutôt que de contenir le sentiment d’exclusion. En 2011 déjà, le Mouvement du 20 février avait exprimé l’aspiration d’une génération à être écoutée et considérée comme un acteur à part entière de la société.

La situation des jeunes Marocains est connue et documentée. Le chômage atteint des niveaux insoutenables, notamment en milieu urbain où un jeune sur deux est sans emploi. Près d’un million et demi de jeunes sont classés NEET - ni en emploi, ni en études, ni en formation. Un tiers des 18-24 ans étaient inscrits sur les listes électorales en 2021, contre plus de 94 % des plus de 60 ans. Ces chiffres dessinent le portrait d’une génération qui peine à trouver sa place, que ce soit dans le marché du travail, dans la vie sociale ou dans le champ politique.

Cette génération est aussi celle du prince héritier Moulay Hassan. Elle grandira avec lui, partagera ses repères et ses horizons. Ignorer sa voix fragiliserait le socle sur lequel reposera l’avenir du pays.

Hier, des jeunes ont pris le micro, le temps de quelques minutes. À nous d’apprendre à écouter cette jeunesse, avant qu’elle ne se taise pour de bon ou qu’elle ne cherche ailleurs les réponses qu’elle ne trouve pas.

Sep 28
at
7:36 AM
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