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LE MALHEUR DES DISCUSSIONS MASCULINES :

( ⚠️ Messieurs, vous n’êtes pas tous ainsi. À ceux qui se taisent, qui refusent cette foire et gardent des mots sains, qu’ils soient honorés. Pour les autres, si vos paroles n’ont pas leur place quand une femme est présente, qu’elles cessent aussi de nourrir vos rires entre hommes : chercher l’approbation de vos collègues par l’obscénité fait de vous ceux que je juge violemment ici.)

Si vous saviez ce que j’ai entendu. Rien ne me dégoûte plus que ce qui sort de la bouche des hommes lorsque leurs langues se délient. Ils vomissent alors des mots qui sont plus désagréables à mon oreille que de la cire chaude dans les tympans. Ils se goinfrent, avec le même empressement que des porcs devant une auge, de parler des femmes. Ils débitent leurs obscénités respectives et s’en enorgueillissent, oubliant que l’animal dont ils parlent est doté d’ouïe. Et si j’avais su ce dont étaient faits leurs rires tonitruants quand leurs paroles étaient encore un langage que je ne maîtrisais pas, j’aurais préféré ne jamais apprendre la traduction des phrases qui les faisaient hennir.

Ces instants à table, lorsque j’étais enfant, me paraissaient chaleureux. Et lorsqu’ils se faisaient tard, et que les bouteilles se vidaient, il me semblait naïvement que je faisais bien de rire avec eux. Mais peu à peu, j’ai grandi, j’ai appris, et puis malheureusement, j’ai compris… j’ai compris pourquoi les rares femmes de ces messieurs, si l’on peut les appeler ainsi, ne répondaient pas à leurs rires. Pourquoi elles se retiraient, souvent plus tôt, espérant que le sommeil les enlèverait à ce cauchemar.

Et puis avec le temps, j’en suis venu à me demander comment ces femmes ont pu consentir à mettre au monde des enfants, à faire pousser dans leurs ventres la semence des mêmes monstres qui les abusaient. Ceux dont la sueur perle, au même parfum que l’alcool qui coule dans leurs veines. Ceux dont toutes les excuses sont bonnes à leurs vices, et dont le sexe semble plus influent sur leur esprit que l’esprit n’ait sur leur sexe. Il semblerait pourtant, à les écouter, qu’ils sont tout-puissants, et plus particulièrement quand ils sont soumis à leurs pulsions. Ils ne se percevront jamais pantins mais conquérants, car il leur semble enfoncer leur drapeau sur une terre promise lorsqu’il s’enfonce dans la raie d’une femme. Et ces êtres si médiocres se présentent pourtant comme l’apogée de la race humaine, ce qui est compréhensible puisqu’à leurs yeux, ils en sont les seuls représentants. Les femmes n’étant pour eux qu’une addition à leur divertissement ; une chose, un animal, une expérience.

Mais enfin, voilà, si je m’exprime ainsi, ils me diront que je n’ai pas d’humour. Ainsi, je répondrai, s’ils se vexent de ce texte, qu’ils n’en ont pas non plus.

Jan 15
at
2:12 AM
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