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Les femmes représentent 70% des prescriptions d'antidépresseurs en France. Soit elles sont naturellement plus fragiles psychologiquement que les hommes, soit on regarde au mauvais endroit.

Les chiffres sont là depuis des années. Deux fois plus de femmes que d'hommes sous antidépresseurs. Deux fois plus de diagnostics de dépression et d'anxiété chez les femmes. On pourrait s'arrêter là et conclure que c'est biologique, hormonal, que les femmes sont juste plus vulnérables.

Sauf que si on creuse un peu, on tombe sur d'autres chiffres. Les femmes assurent en moyenne 65% des tâches domestiques, même quand elles travaillent à temps plein. Elles gagnent en moyenne 24% de moins que les hommes. Elles représentent 85% des familles monoparentales. Une femme sur trois sera victime de violences au cours de sa vie. Et 80% des emplois précaires sont occupés par des femmes.

Alors oui, il y a des facteurs biologiques. La grossesse, le post-partum, la ménopause jouent un rôle.

Mais quand on regarde l'ensemble, est-ce une accumulation de facteurs chez un genre ou la sous prise en charge chez l'autre ?

Parce que pendant qu'on prescrit massivement aux femmes, les hommes restent sous-diagnostiqués. Ils consultent moins, on détecte moins leurs dépressions, et ils se suicident trois fois plus. Ce qui veut dire qu'on rate aussi leur détresse.

Le vrai problème n'est pas qu'on soigne trop les femmes ou pas assez les hommes. C'est qu'on continue à traiter la santé mentale comme un problème individuel alors que les causes sont structurelles. Charge mentale, précarité, violences, inégalités : tout ça rend malade. Et prescrire des médicaments sans toucher aux structures, c'est mettre un pansement sur une hémorragie.

Peut-être qu'au lieu de traiter les symptômes, on devrait s'attaquer aux causes. Et se demander ce qu'on est vraiment prêts à changer.

Dec 31
at
8:01 AM
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